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5 choses à savoir avant de se plaindre que les Latinos-Américains « polluent »

Tu as peut-être remarqué, au cours de ton voyage latino-américain, que les habitants étaient moins sensibilisés à la protection de l’environnement que chez nous. Des phrases du style « les Latinos jettent leurs déchets par terre, ils polluent la planète! » ou encore « ils n’ont aucun respect pour l’environnement, ils ne recyclent même pas ! » se sont même peut-être échappées de ta bouche. C’est pourquoi quelques rappels sur le sujet ne ferait certainement pas de mal, afin de remettre les choses à leur place.

1- L’écrasante majorité de la pollution de notre planète provient des entreprises, de l’agriculture et des transports. Celle des individus en tant que tel représente une part minoritaire. Certes, c’est mieux d’avoir des comportements écolos, mais sur le long terme, ça ne changera pas grand chose si le politique et l’économique ne suivent pas. Avoir des individus écolos, c’est bien (mais insuffisant), vivre dans un système écolo, c’est beaucoup mieux (et là-dessus, on est encore tous à peu près au même point).

2- Avant de critiquer la pollution des autres, tu devrais peut-être regarder la tienne : tu viens de prendre en quelques mois plus d’avions et de transports en tout genre que la grande majorité des habitants locaux dans toute leur vie. Rappel : seulement 10% de la population mondiale peut se permettre de prendre l’avion, et ce dernier est le grand champion de la pollution invisible. La pollution visuelle est certes plus choquante, mais la pollution invisible qui s’échappe des réacteurs et des usines est la plus toxique, et de loin.

3- En Europe, tu as accès à un pouvoir de consommation inaccessible pour les latinos. Tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais tu consommes BIEN PLUS qu’un sud-américain. Et oui, plus on est riches, plus on pollue. Et par « riche », on entend la majorité des habitants des pays riches (dont la France fait évidemment partie). Etre privilégié rend parfois aveugle. Je n’aime pas beaucoup ce mot, peut-être que toi non plus. Tu vas peut-être objecter que tu travailles dur et que rien ne t’a été donné dans la vie, ce que je croirai sur parole. Mais naître dans un pays riche fait d’ores et déjà de toi un privilégié, un « riche » ayant accès à la consommation d’objets, de nourriture et de ressources venant du bout du monde. Que tu le veuilles ou non.

4- C’est triste à dire, encore plus à écrire, mais se préoccuper de l’environnement est encore souvent un hobby de « privilégiés ». En Amérique Latine, la préoccupation écologique existe, mais elle se situe un peu plus bas sur la longue liste des priorités, derrière la sécurité, l’accès à l’éducation, un salaire stable, une démocratie véritable et l’accès aux soins. Seules les personnes qui savent comment elles finiront le mois peuvent de préoccuper du sort de leur planète sur le long terme. Tu serais étonné de découvrir le pourcentage de la planète vivant au jour le jour.

(De plus, le fait que l’Amérique Latine soit la région la plus dangereuse pour les militants écolos n’arrange rien au Schmilblick)

5- Enfin, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Certes, ce serait cool si il y avait plus de sensibilisation citoyenne. Mais ceux qu’il faut vraiment sensibiliser, ce sont les entreprises qui viennent creuser la terre afin d’extraire les ressources dont le continent est si riche, pour par la suite y déverser leurs déchets toxiques en détruisant des hectares de nature vierge en quelques instants. Et ces entreprises sont rarement locales. Elles portent souvent des noms qui résonnent familièrement à nos oreilles comme Total, Shell ou encore Exxon Mobil, dans le seul objectif de fournir le reste du monde en énergie par des procédés bien peu eco-friendly.

Le livre culte « les veines ouvertes de l’Amérique Latine » est une lecture essentielle pour ceux qui veulent en savoir plus sur le sujet (à savoir : comment un continent aussi riche en ressources naturelles reste-t-il aussi pauvre?).

Cet article est le deuxième que j’écris sur le sujet, le premier était celui-ci : l’Amérique Latine et notre bonne conscience.

9 réflexions au sujet de “5 choses à savoir avant de se plaindre que les Latinos-Américains « polluent »”

  1. Sur le côté pays riche il faut aussi dire que dans les pays riches il y a sans doute plus d’infrastructures de recyclage, etc., que dans des pays moins riches voire pauvres ou en développement, donc forcément, quand y a pas les infrastructures ben… tu fais comme tu peux. Je connais des gens qui sont allés en voyage dans les steppes en Mongolie. Là-bas, il y a plein de bouteilles et de déchets par terre. Mais évidemment : les éleveurs de rennes ne vont pas se trimbaler les bouteilles vides en plus du reste, et il n’y a pas de décharge au milieu de la steppe… donc on fait comme on peut ! Même si c’est triste ! Et, comme tu dis, se préoccuper de l’écologie c’est un truc de riches. Les priorités parfois sont ailleurs. Même chez nous c’est difficile d’en faire une priorité, parfois !

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    1. Exactement! Manque d’infrastructures, de volonté politique et de moyens… Ca n’arrange rien ! Surtout que les problématiques de recyclage sont relativement récentes car avant on ne consommait pas autant de plastique…

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    1. Merci pour ton commentaire. Oui, c’est vrai qu’il y a peu de chance qu’une entreprise change d’elle-même rien qu’en étant sensibilisée. Cela dit, comme on le voit depuis des années, les politiciens sont incapables de leur mettre des freins. L’économie et la politique sont trop liées et ni l’une ni l’autre ne veut changer.

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      1. Je discute beaucoup de ça autour de moi, et aussi par ici, sur mon blog, sur Instagram… y’a pas mal de désarroi là dessus et c’est logique, sur ce qu’on peut réellement faire, par où commencer. Pas mal de personnes prennent conscience que ce sont des enjeux politiques, et en même temps ça fait un peu peur. Si jamais tu avais le temps, je prends volontiers ton avis sur ce que j’ai écrit récemment, notamment cet article https://danslanebuleuse.fr/2019/07/24/15-pistes-pour-sengager-au-dela-des-gestes-individuels/

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      2. Merci pour le lien, en tout cas merci pour tes commentaires ! Ils étaient très intéressants, et ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à me pencher sur ce genre de sujets (qui finalement mobilisent une assez faible partie de la population)

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