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Gauthier, voyageur à temps plein en Amérique du Sud

Aujourd’hui, on écoute le récit passionnant de Gauthier, qui sillonne l’Amérique Latine depuis de nombreux mois déjà. Il nous raconte les aventures qu’il a vécus jusqu’ici, et les transformations par lesquelles il est passé durant son voyage.

Hola Gauthier ! Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

 Salut, moi c’est Gauthier, j’ai 22 ans et je viens de Pau (64). Je suis chocolatier de profession mais depuis plus de 7 mois maintenant, je suis voyageur à temps plein. 

Pourquoi ce voyage ?


L’année dernière, j’étais parti en Amérique du Sud le lendemain de mon dernier jour d’examen, pour 2 mois de vadrouille à travers l’Argentine, la Bolivie et le Pérou. J’avais passé 2 ans à travailler dur pour obtenir mon diplôme de chocolaterie, et je m’étais promis ce voyage. C’était à la fois ma motivation pour avancer et également une façon de me récompenser de tous ces efforts. 

Après cela, je suis rentré en France quelques jours avant de m’envoler pour Londres où une très belle opportunité de travail m’attendait. Je travaillais comme pâtissier dans l’un des meilleurs établissements de la ville. C’était un travail très dur physiquement et moralement, j’avais des horaires de folie pour un salaire très bas, un stress et une pression indescriptibles, peu de reconnaissance et une vie sociale proche du néant… En bref, je n’étais pas vraiment heureux. J’y suis resté 6 mois… Et puis un jour, je me suis rendu à l’évidence que cela ne pouvait plus continuer. Alors je me suis posé une question toute simple : « qu’est-ce qui te rend heureux ? » et la première chose qui m’est venue à l’esprit, c’était l’Amérique du sud. Cela a été le déclic !

Le lendemain, je quittais mon boulot et ma vie londonienne et deux semaines plus tard, j’étais à Buenos Aires.

Pourquoi cette destination ? D’où t’es venue cette passion pour l’Amérique Latine/ du Sud ?

Ma tatie est une personne rayonnante qui a voyagé dans le monde entier. Elle m’envoyait toujours une carte postale depuis le pays qu’elle visitait, et à son retour, elle me racontait ses aventures en me montrant quelques photos. J’ai toujours aimé discuter avec ma tatie car à chaque fois, elle dénichait de nouvelles anecdotes drôles et passionnantes ! Grâce à elle, j’ai toujours associé le voyage à quelque chose qui rend les gens heureux et intéressants ! C’est sans aucun doute elle qui m’a transmis le « virus de la bougeotte » ! 

Et puis mon premier souvenir de ses voyages c’est l’Argentine. Une carte postale avec des baleines, des gens qui apparemment ressemblent beaucoup à ceux de ma ville mais qui font du cheval dans la pampa, une faune et une flore incroyables et un immense glacier qui fond en faisant beaucoup de bruit… Voilà les quelques souvenirs que j’ai toujours gardés de son récit. Et puis avec les années et l’accès à internet, j’ai commencé à m’informer un peu plus sur ce pays, et je me suis pris de passion pour sa culture, ses traditions, ses paysages… Y aller était devenu une obsession ! 

Parlais-tu espagnol avant de venir ?


Depuis tout petit, je voyage souvent en Espagne car je vis près de la frontière. C’est donc tout naturellement que j’ai appris l’espagnol, en plus des cours à l’école, et je suis totalement bilingue depuis mes 15 ans. D’ailleurs, quand je parle, j’ai un très fort accent argentin, et certaines personnes n’arrivent pas à croire que je suis Français. C’est super cool pour créer des amitiés ou négocier les prix au marché mais ça peut aussi être problématique, comme le jour où, en Colombie, la police pensait que j’avais un faux passeport français et voulait que je leur présente ma carte d’identité argentine… Je vous laisse imaginer la scène où je parlais en français à des policiers qui ne comprenaient rien pour pouvoir prouver mon innocence… IMPROBABLE !!

J’ai vu que tu as fait une partie de ton voyage latino dans un grand bus avec d’autres voyageurs ! Tu nous racontes ?

Une longue histoire construite par les aléas du voyage ! 

Le 3 mai 2019, j’ai commencé l’une des plus incroyables aventures de ma vie : rejoindre la Colombie depuis Buenos Aires en motorhome. Un ami argentin avait acheté un bus de ligne et l’avait aménagé pour que 18 personnes puissent y vivre dedans : lits, douche, toilettes, bibliothèque, cuisine… Pas le grand luxe, mais le nécessaire pour voyager loin et longtemps. Il cherchait 17 personnes pour partager les frais d’essence, d’assurance du véhicule et les péages et après quelques échanges par messages, j’ai décidé de rejoindre l’aventure. A ce moment là, j’étais TRÈS inconscient concernant ce dans quoi je m’embarquais. Mon entourage me posait beaucoup de questions et me faisait part de ses doutes! Moi, j’avais 10 jours pour signer ma démission, rendre mon appart, acheter mes billets, faire mon sac et profiter de tout le monde avant de partir. En gros, j’ai pas eu le temps de réfléchir, je me disais juste « je n’ai rien à prouver à personne, si ça ne me plaît pas, je rentre ».

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Aujourd'hui, cela fait 1 mois que je suis sur les routes d'Amérique Latine. Il est donc temps de faire un petit bilan de ce premier mois. Mais avant cela, je tiens à vous en dire un peu plus sur mon voyage, dû aux nombreuses questions que je reçois et auxquelles je ne réponds pas toujours, par manque de temps ! . Cette année, j'ai décidé de réaliser un rêve de gosse, que je vais vivre en compagnies de 16 inconscients comme moi ! Notre petite équipe est composée de 14 argentins, 1 équatorienne, 1 espagnole, et moi, le p'tit gringo! Nous sommes parti de Buenos Aires le 3 mai pour 6 mois de voyage à travers l'Amérique latine. Nous allons traverser l'Argentine, la Bolivie, le Pérou, l'Equateur et la Colombie, avant de retourner à notre point de départ, en passant par le Chili ! Notre itinéraire n'est pas fixe afin de nous laisser plus de liberté. Au total, ce sont presque 20 000 kilomètres de routes que nous allons parcourir, en compagnie de notre fidèle compagnon de voyage : notre bus ! Ce dernier est aménagé : il nous fait office de moyen de transport et de maison. Il est équipé d'une pièce à vivre, d'une bibliothèque, d'un dortoir, d'une douche, d'un toilette et d'une petite cuisine extérieure. Minimaliste mais suffisant pour nous permettre de voyager correctement ! 💭🚍🌎 . Maintenant que vous en savez en peux plus, voici le bilan "random" de ce premier mois de voyage : 🌎 Pays visités : 2 (Argentine, Bolivie) 🇦🇷🇧🇴 🚍Nombre de kilomètres parcourus : 4476 km 📅Nombre de jours sur les routes : 10 🏔️Altitude maximum atteinte : 4700m 🌡️Écart de tempature +froid/+chaud: 42°C 🥑Prix moyen d'un avocat : 0,40 euros 🍅Prix moyen du kilo de tomates : 1 euro 🥖Prix moyen du kilo de pain : 0.70 euros 🍴Prix moyen d'1 repas au restaurant : 1.6 euros 🙏🏿Nombre de fois que j'ai dit merci : 217 fois 🥩Nombre d'asados mangés : 4 👫Nombre de matés partagés : 37 🎶Nombre d'heures à écouter de la cumbia : trop 🎂Nombre d'anniversaire fêté : 1 🥯Nombre d'alfajores mangés : 26 🍺 Nombre de bières partagées : 18 🚿Nombre de douches prises : 14 🤫 🌇Nombre de couché de soleil vu : 19 📸Nombre de photos prises : 470 🛌Nombre de grasses matinées: 0 😌

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  • Quels sont les pays que tu as visités, et quels ont été tes coups de coeur ?

Au cours de ces 7 derniers mois, j’ai visité l’Argentine, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, la Colombie et une infime partie du Chili. 

À vrai dire, mon pays préféré c’est l’Argentine, mais ce n’est pas très objectif !

C’est très dur d’en choisir UN dans la LISTE. Celui qui m’a le moins marqué, c’est le Pérou, car la publicité pour le tourisme dans ce pays est tellement importante qu’on sait déjà à peu près à quoi s’attendre (ce qui n’empêche pas que c’est un pays incroyable qui vaut vraiment le détour !!) ainsi que le Chili, car je ne connais pas assez pour pouvoir porter un jugement. Cela dit, je compte y retourner dans pas longtemps. 

Ensuite, pour parler d’autres coups de cœur à part l’Argentine, il y a la Bolivie, l’Equateur et la Colombie pour des raisons très différentes : 

  • La Bolivie pour ses paysages à couper le souffle (parfois à plus de 5000m d’altitude…Cette expression est à prendre au 1er degré !), et pour la culture des peuples indigènes encore très présente, même en ville. 
  • L’Equateur a été une vraie surprise car je ne m’y étais jamais vraiment intéressé et on n’en entend pas souvent parler. Pourtant c’est un magnifique pays, où le tourisme est encore peu exploité, pour le plus grand bonheur d’être seul en pleine nature et celui de mon porte-monnaie. Il est possible de dormir en tente gratuitement dans tous les parcs nationaux (impossible au Pérou par exemple), de faire de supers randonnées gratuitement, de discuter sincèrement avec des locaux sans qu’ils soient intéressés, l’auto-stop y est presque religion. Bref le top pour avoir des souvenirs incroyables à un petit budget !! Et les Équatoriens sont vraiment supers sympas, un juste milieu entre le péruvien parfois un peu trop renfermé et le colombien un peu trop extraverti !
  • Et puis la Colombie ! J’avais beaucoup d’attentes de ce pays, et en même temps beaucoup d’appréhension avec tout ce que j’avais pu entendre, autant en positif que négatif. J’avais envie d’aller voir de mes propres yeux ! Et finalement, la Colombie, c’est addictif, on s’y attache vite et on a vraiment pas envie de partir ! La diversité des paysages, le climat, la musique partout et tout le temps, la gentillesse des habitants, les plages des Caraïbes… Et puis, je pense que toute personne ayant été en Colombie est partie avec un préjugé très négatif par rapport à ce pays (notamment en termes de sécurité), alors la surprise est encore meilleure !
  • Y a-t-il des choses qui t’ont particulièrement étonnées au niveau de la culture ou du comportement des Sud-américains ?

Souvent en France on est mal ou peu informé sur l’Amérique du Sud. Les seules nouvelles qui arrivent dans les médias relatent des faits divers des plus horribles, et à l’école, les professeurs d’espagnols sont obsédés par l’Espagne. Apprendre les régions et à reconnaître les différents accents du pays… Quel super enseignement nous est proposé et quelle ouverture d’esprit, quand on sait que la langue espagnole est celle qui compte le plus d’accents différents au monde ! Jamais un professeur en 7 ans ne m’a appris que les Argentins avait un accent particulier, mais quand on s’y intéresse de plus près, il y a une vingtaine d’accents différents dans ce même pays. Et c’est pareil pour tous les autres ! 

Alors quand on se rend compte de la richesse culturelle que l’Amérique latine possède, il est vraiment difficile de faire une généralité sur le continent !

Entre le Bolivien très timide et pas forcément très porté sur l’hygiène, l’Argentin très convivial mais pas du tout écolo ou encore le Colombien très chaleureux mais jamais ponctuel… dur dur de faire une généralité !

Alors je répondrais que deux choses auxquelles je ne pourrais JAMAIS m’habituer en Amérique latine dans sa globalité, c’est la pollution visuelle omniprésente (surtout en Bolivie et au Pérou). Mais comme tu l’as déjà mentionné dans un article, leur mode de vie fait qu’ils polluent moins que nous (Européens) et les besoins de ces pays font que l’écologie n’est pas une propriété, alors on peut pas leur taper sur les doigts, mais ça me désole toujours de voir une quantité monstre de déchets dans des endroits souvent magnifiques… Et le second point, c’est le travail des enfants. Dans TOUS les pays que j’ai visités, j’ai vu des enfants travailler. Et en discutant avec certains, j’ai appris que le travail des enfants commence pour certains dès la naissance où ils sont « loués » à la journée pour aider des femmes à mendier… Une triste réalité, pas toujours facile à voir et impossible pour moi à accepter !

  • Je suis bien d’accord avec toi, moi aussi ce sont des choses qui me choquent et on se sent très impuissant… Pour bifurquer vers un sujet plus léger, comment t’es tu retrouvé à bosser sur une plantation de cacao en Equateur ? 😉 

En tant que chocolatier passionné et voyageur, j’ai toujours rêvé de travailler dans une plantation de cacao. Je voulais pour mieux comprendre mon métier et avoir plus de respect pour ma matière première. 

Alors au culot, j’ai envoyé un message au patron de la meilleure hacienda de cacao du pays, et la semaine d’après je commençais le travail ! 

Je n’ai pas pu y rester longtemps car mon visa était sur le point d’expirer et en même temps le pays était plongé dans un chaos total (grèves historiques du mois d’octobre 2019), ce qui a précipité mon départ. 

En tout cas, ce fut l’un des boulots des plus enrichissants et passionnants que j’ai eu l’occasion de faire !

Ma journée consistait à donner des cours de pâtisserie à l’équipe de cuisine le matin et assister l’ingénieur en chef les après-midis. L’ingénieur, Luis, a gagné plusieurs fois le prix de meilleur ingénieur agronome catégorie plantation de cacao et a travaillé durant plus de 20 ans en tant que chercheur dans le laboratoire national où il faisait des études sur comment améliorer le rendement des cacaoyers de façon naturelle. Autant vous dire que je pouvais rester des heures entières à l’écouter parler, une personne passionnée et passionnante ! Inutile de préciser qu’il avait la réponse à toutes les questions que j’ai pu lui poser ! 

Luis été vraiment très attentif à ce que je comprenne tout, alors après chaque explication, je devais mettre « la main à la pâte ». Cela m’a permis de travailler sur tous les postes existants sur la plantation : de livreur de sacs au port de Guayaquil à jardinier pour apprendre à faire des greffes en passant par la récolte dans les champs, l’élaboration du chocolat pour le contrôle qualité ou encore remuer les grains de cacao pour assurer une bonne fermentation et un bon séchage… J’ai tout fait ! 

  • Comment penses-tu que tes voyages t’ont changé ? Te sens-tu différent d’avant ton départ ?

Avant de m’envoler pour la seconde fois en Amérique du Sud j’avais beaucoup voyagé en Espagne avec mes parents, et puis avec mes premiers salaires j’ai commencé à économiser. J’ai eu la chance de pouvoir faire tout le Portugal du sud au nord en stop, puis d’être parti au Japon également tout en stop et en dormant chez l’habitant. Puis je suis parti une première fois en Amérique. Durant ce voyage, j’ai parcouru l’Argentine, la Bolivie, le Pérou, l’Amazonie et le Canada. A mon retour, j’ai voyagé un peu en Europe : Pologne, Italie, Slovénie, Hongrie, Irlande. Et dernièrement je vivais à Londres ! 

Forcément toutes ces expériences ont eu un impact sur moi, mais du fait de mon jeune âge je dirais plutôt qu’elles m’ont construites plus qu’elles ne m’ont changées ! Le voyage, c’est un peu mon école de la vie ! 

Quand on voyage, tout est incertain, on ne sait jamais vraiment où on sera le lendemain. On est loin de sa zone de confort, et chaque nouvelle, bonne ou mauvaise se vit intensément, sur le moment, et il faut savoir réagir vite, saisir les opportunités, savoir se faire confiance mais aussi apprendre à faire confiance aux autres (pas toujours facile quand on est un gringo). On apprend vraiment à valoriser le temps et l’instant présent ! Et quand on prend conscience que le temps et la chose la plus précieuse qu’on a dans notre vie, on commence à en prendre soin, à le valoriser, et de ce fait notre personnalité évolue. Maintenant j’ai appris à dire non, ne pas sortir boire une bière avec des personnes si je n’ai pas envie (si c’est juste pour rester en bons termes, par exemple), je n’ai plus envie d’avoir un CDI et travailler dans de supers entreprises « pour avoir un bon CV », plus forcément envie de devoir acheter parce qu’aujourd’hui c’est les soldes, tout est 2 euros moins cher et on va tous « niquer » la planète le même jour… Ce que j’ai envie maintenant c’est de profiter de mon temps comme j’en ai envie, au moment où j’en ai envie et quand j’en ai envie. 

Donc oui, le voyage à fait de moi quelqu’un plus sur de moi, plus autonome, plus franc, plus ouvert d’esprit, plus sociable, moins timide, plus adaptable, plus généreux aussi. En bref, que du positif ! 

Et puis à part le caractère, j’ai aussi évolué sur ma façon de consommer. Quand on voyage, on se rend compte qu’on a besoin de pas grand choses pour vivre bien. Et avec du recul, quel intérêt à consommer pour Halloween ou le Black friday quand on est Français? Acheter de nouvelles décorations de Noël chaque année ou encore un séparateur de jaune d’œuf en plastique ? … On est arrivé dans une société où la consommation est telle, qu’on arrive à nous persuader que des objets complètement inutiles vont nous être utiles et vous rendre heureux et tout ça pour enrichir certaines personnes (mais pas nous), détruisant sans cesse un peu plus notre planète. L’année dernière, durant mon voyage en Amazonie, j’ai cohabité un certain temps dans une communauté indigène et j’ai eu la chance de participer à des débats avec des habitants de la forêt, notamment des activistes de la protection de l’Amazonie. Certains étudiants en protection environnementale m’ont vraiment permis de prendre conscience des enjeux et du rôle important que l’Amazonie et la forêt en général a sur la planète. Depuis tout petit on m’a appris à recycler, à ne pas gaspiller, consommer intelligemment, mais quand on nous parle de la forêt amazonienne, ça nous paraît tellement lointain, et on nous informe tellement mal sur ce lieu qui est tout juste incroyable que finalement notre conscience n’est pas à 100%. Être là-bas, discuter avec toutes ces personnes m’a permis de réellement comprendre et de voir de mes propres yeux les problèmes que notre société est en train de créer sur place. Cela m’a beaucoup marqué ! 

Et puis quand j’ai survolé Buenos Aires pour la première fois de nuit, je n’en revenais pas de la taille de la ville et de toutes les lumières que je voyais. J’ai eu la même sensation à Medellín, et également à Sao Paulo. Déjà, dans des voyages passés, certains endroits m’ont beaucoup marqué comme Piccadilly à Londres ou encore Shibuya à Tokyo, qui sont des endroits où il y a beaucoup de publicité en écrans géants et éclairages en tout genre. Et puis une fois, dans un taxi à Lima, je me rappelle avoir été impressionné par la quantité de lumière et annonces publicitaires qu’il y avait. Je ne savais pas où regarder. Ca m’a donc rappelé Londres, Tokyo, Medellín ou encore Buenos Aires et je me suis dit « mais 3 mois après mon passage, et même après plusieurs années, ces endroits doivent être intacts ! Et ils doivent être en train de briller en ce moment même ! » Et c’est là où j’ai vraiment pris conscience de l’immensité de notre planète et de l’ampleur de notre consommation. Parce qu’encore une fois, on essaie de nous sensibiliser en nous donnant trop d’informations, en utilisant des chiffres trop grands, et tout cela crée presque un effet inverse à celui espéré. On se sens perdu au milieu de tant d’informations, ou bien pas forcément concerné par le sujet car on ne s’y identifie pas. Et alors on finit par ne pas y prêter attention. 

Malgré toutes les alertes, et la « bonne volonté » que les gouvernements prétendent mettre en place pour protéger le poumon de la planète, je peux vous dire que nous sommes très en retard par rapport au défi, et que nous pourrions faire BEAUCOUP mieux si on arrêtait de se voiler la face 2 minutes. Non, ce n’est pas parce que tu as jeté ta bouteille en verre dans la poubelle à verre que tu as fait un geste responsable pour la planète et que ça fait de toi quelqu’un d’écolo. A cet exemple, la solution serait de créer une consigne sur les bouteilles comme à l’époque ou comme dans beaucoup de pays étrangers… Souvent en pensant bien faire, on fait mal, parce qu’on attend les solutions avant de les chercher par soi-même ! 

  • Tu as écris un très beau post sur Instagram où tu parles des doutes/peurs que tu as surmontés concernant ton voyage (et sur les réflexions qu’on t’a faites avant ton départ, qu’on a d’ailleurs tous entendu avant de partir seul et loin). Qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui connaît les mêmes doutes que toi, et qui a peur de partir à l’aventure ?

(voici le post 🙂 )

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Hoy, hace 6 meses que salí de casa, que salté en un enorme vacillo llamado "desconocido"! No fue camino fácil, sobre todo al principio… Superar mis miedos, dudas y preguntas "y mi trabajo, volveré a tener volviendo? Y si extraño? Y si le pasa algo a un ser querido? Pero lo hizé, y con mucho orgullo! Superé estos miedos gracias a un poco de locura y mucha inconsciencia, y aquí estoy, en mi Sudamerica querida, más feliz que nunca !! Si hace 6 meses, me habrías dicho que estaría escribiendo este texto desde Perú, no me lo habría creído! Cada día agradezco a la vida, a la Pachamama, a las personas que me apoyan y más que nada a mi mismo. Esto puede parecer muy orgulloso, verdad? Pero es así, estoy feliz de haberme escuchado a mi mismo, haber tomado una decisión propia y más que nada no haber escuchado a todos los que me decían "es peligroso america latina", "con tan sólo 21 años", "y tu trabajo"?… (hola papa y mamá, les quiero y estoy bien!…) Y el tiempo me dió la razón. Acá, cada día es muy diferente, no hay tiempo para crear una rutina y aún menos para dar lugar al aburrimiento. Lo que sería un día normal se résumeria en hablar todo el día un idioma que no es el mío, descubrír, aprender, caminar, brindar para cualquier ocasión, valorar lo que tenía y lo que tengo, improvisar, reír y ser feliz! Suena increíble, no?! Ahora, les puedo decir que estos miedos o dudas que uno tiene antes de salir, son muy de alguien que aún no a salido. Porque vivimos en un mundo dónde estamos todos formatados a trabajar y disfrutar de la vida 2 días a la semana como mucho, dónde importa más la plata que la gente, dónde uno compra cosas inutiles para parecer más que ser… Pero la vida no es así! Y muchas veces en el viaje me dijé "que loca que es la gente que no sale a viajar la puta madre, que les cuesta más que superar sus miedos estar en frente de un nevado tomando una birra o estar quemándose la espalda en el mar Caribe?" En fin, lo más lindo que pudé hacer en la vida fue escucharme a mi mismo, y por más que suena estúpido, no es algo fácil, pero ya saben que le pueda pasar al que cumple este gran paso! Cada uno es dueño de su propia felicidad! Piénsalo! 💭🎒🌎❣️

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Saute le pas ! On a qu’une vie, et personne pourra te reprocher de faire ce qui te plaît, d’être heureux ! Et puis ne pas avoir peur de l’échec ! Moi quand je suis parti je me disais « si ça me plaît pas, je rentre », tu n’as rien à prouver à personne et c’est pas parce que tu voyages en tente ou en hôtel 5 étoiles, durant 1 mois ou 2 ans que tu es mieux ou moins bien que les autres. Le plus important est de vivre l’expérience qui te fait envie : c’est important de savoir s’écouter ! 

Et puis avec le temps on se rend compte que tous les doutes ou peurs que l’on peut avoir avant de partir sont créés par l’entourage et le mode de vie que nous avons. Mais une fois sorti de cette routine, de cette espèce de bulle dans laquelle nous vivons, tu te rendras compte que ces « peurs » étaient stupides et que souvent, elles sont créées par toi-même pour te convaincre que ta zone de confort est la meilleure chose que tu as. La peur est une sorte d’excuse, de réconfort qui te dit « reste, ici tout est plus simple ». Le pas n’est pas facile à sauter, mais une fois franchi, crois-moi, tu ne voudras plus jamais retourner en arrière ! 

Et je rajouterais une super phrase que les argentins utilisent beaucoup : « qui peut t’enlever ce que tu as voyagé ? » (« quién te puede quitar lo viajado« ) qui fait référence à tous les souvenirs et bons moments que tu as passés en voyageant et que rien ni personne ne pourra te faire oublier, car cette expérience fait partie de toi ! 

  • Quels sont tes projets futurs ?

A vrai dire, je ne sais pas trop ! Une chose que le voyage m’a apprise c’est qu’il ne faut jamais trop programmer de choses pour ne pas être frustré ! Alors je n’ai pas de date retour, mais je pense rentrer au début du printemps. D’ici là, je compte visiter la Patagonie ou l’Uruguay, une partie du Chili et pourquoi pas les chutes d’Iguazu ! 

En rentrant, je compte rester quelques mois pour profiter de ma famille, de mes amis, de l’été en Europe et travailler un petit peu, puis faire ma demande visa à Paris pour venir m’installer ici, en Argentine, avec le Permis Visa Vacances Travail pour 1 an. C’est prévu pour début septembre ! 

  • Est-ce que la France te manque ? Vois-tu ton pays d’un oeil un peu différent ?

Rien ne me manque en soi, sinon je serais rentré depuis longtemps. Savoir faire des choix fait partie du voyage, c’est pas toujours facile, certains pensent que c’est un choix égoïste, moi je pense que c’est égoïste de vouloir que les gens restent auprès de soi pour son propre bonheur… 

Ce qui me manque ce sont plus des « moments », prendre un café en terrasse avec mes parents, jouer avec mes frères et sœurs, sortir boire une bière avec mes amis, aller me promener à la plage ou à la montagne… 

Oui, plus ça fait longtemps que je suis parti, plus je suis fier d’être français, d’être béarnais même, fier de mes origines, de ma culture. Je me sens fier et chanceux ! 

En rentrant, j’ai envie de voyager encore plus dans ma région pour mieux connaître d’où je viens, d’aller manger des plats typiques et faire de nouvelles randonnées en montagne ! En bref, redécouvrir ma région et mon pays en général !

  • Tes plus beaux moments en Amérique du Sud ?

7 mois de voyage, c’est comme 8 ans de vie. Comme je l’ai écrit précédemment, tout se vit très intensément, tout va plus vite, tout est à vif ! 

Alors des beaux moments, j’en ai vécu des milliers, dur dur de choisir. 

Parmi les tops moments il y a eu les retrouvailles avec Javier et Julia, des amis péruviens que je n’avais pas vu depuis plus d’un an et qui habitent sur les îles flottantes du lac Titicaca. Ce fut des retrouvailles sincères, riches en émotions et en partage. (voir post insta ci-dessous)

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La Ruta dura toda la vida🐥(post 1/2) El año pasado, gracias a la @rutainti, 20 de nosotros tuvimos la suerte de pasar la noche en una de las islas flotantes de Los Uros, llamada Lunita Corazón. Allí, conocimos a Julia, la hija de la familia, y Javier, su novio. Pasamos un día hermoso, en el que nos enseñaron a hacer artesanías mientras tanto, les di una clase de francés básico, para que sepan como vender su trabajo a los turistas de mi país. Como un mes después, recibí un mensaje de Javier diciéndome que hizó su primer venta en francés! Desde entonces, siempre estuvimos en contacto para saber de nosotros, y todas nuestras las conversaciones terminaban en "ya sabes que tenes tu familia acá, te esperamos en los Uros amigo". Cuando supé que iba a volver a Perú, Julia y Javier fueron de las primeras personas con quien me pusé en contacto, porque teníamos muchas ganas de volver a vernos. Antes de ayer, salí a visitarles, 11 meses después de mi primera estancia en su isla. Toda la familia me estaba esperando : Julia, Javier, Marcia, Emiliana, Aurelio y los abuelos! Apenas llegaba, que ya estaban triste de que me podía quedar una sola noche, así que hemos intentado "vivir 2 días en 1 solo", como me dijó Aurelio, el padre de la familia. Salimos a la cancha de Los Uros para jugar al football con Javier y sus amigos. Nunca me imaginé vivir este momento en mi vida. Muchos se reían, porque era la primera vez que un gringo jugaba con ellos, pero me salió mucho mejor que lo esperado, y ganáis 5 de 7 partidos! A la tarde, fuimos a apoyar a Julia que jugaba la final del campeonato de volley-ball de Los Uros. La verdad, es que fue bastante gracioso y muy inesperado ver a las chicas jugando al volley con ropa tradicional, descalzas o en tacones. Mucha gente del público miraba el partido desde su barco, y cuando la pelota salía al agua (una vez de tres), el partido paraba para que vayan a recoger la pelota con palos largos. Durante toda la tarde, muchos me vinieron a hablar, unos dándome de comer e otros de beber. Nunca falte de nada. Al final, Julia y su equipo ganaron 2 set a 1!! ➡️(ver post siguiente) ➡️

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Ensuite il y a eu mes 5 mois de voyage en bus ! Vivre 5 mois avec 17 autres personnes dans 8 m², c’est un vrai challenge ! Et contre toute attente, la cohabitation et la vie en communauté s’est super bien passé ! Tout le monde a beaucoup évolué durant ces 5 mois. Il faut savoir être patient, généreux, respectueux, savoir faire des concessions et penser aux autres avant de penser à soi-même ! Je pense que ça a été la clef de notre réussite commune dans le bon déroulement de ce voyage ! Maintenant on se considère comme une famille, j’ai rencontré des gens formidables, et même si maintenant on est dispersés aux 4 coins du continent, on continue à s’appeler souvent ! 

Cali en Colombie, qui pour moi est la pire ville d’Amérique du sud (très grande, un chaos général, moche et pas du tout sûr…) m’a également beaucoup marquée ! Malgré tous ses défauts, ce que Cali possède, par rapport aux autres villes, ce sont ses habitants qui sont d’une gentillesse incroyable !! La première fois avec le bus, nous nous étions garés dans un quartier assez calme de la ville, et beaucoup d’habitants du quartier sont venus nous voir, comme ça arrive souvent ! Sauf qu’à Cali les voisins nous ont littéralement ouvert la porte de leur maison pour nous donner de l’eau, ils nous ont proposé de nous doucher chez eux, ils venaient tous les soirs discuter avec nous jusque tard dans la nuit, ils venaient le matin nous offrir le petit-déjeuner avec le café bien chaud dans le thermos… Et tout ça pour 18 personnes ! Au retour, nous nous sommes arrêtés au même endroit, et tous les voisins sont revenus nous voir ! 

Il y a environ 1 mois, j’étais dans la région de Chachapoyas, dans le nord ouest du Pérou. Je voulais visiter un « site touristique » (c’est l’une des seules régions encore préservée et peu touristique du Pérou, quand on parle de touriste à Chachapoyas, c’est 10 personnes contre 3 000 à Cusco) où l’on peut observer des momies construites par les Chachapoyas, une civilisation pré-inca qui a plus de 3000 ans d’histoire. 

Mais des habitants du village où je me trouvais m’ont expliqué qu’ici, il était courant de trouver des momies car il y a eu très peu de fouilles archéologiques effectuées dans la région. Ils m’ont indiqué un endroit dans la forêt et le lendemain, avec 2 potes nous sommes partis à sa recherche. Au bout de 21 km de marche en pleine jungle, nous sommes arrivés à l’endroit indiqué ! Une falaise immense faisait face à plus de 200 mètres de vide, donnant sur la forêt. Et au pied de cette paroi de roche, des ruines de la civilisation Chachapoyas à même le sol. Aucune personne n’a encore transformé le lieu, tout y est intact ! À même le sol, nous avons vu des nombreux os, des squelettes entiers, des tissus et des cordes, des poteries, des constructions en ruines, des pierres servant sûrement à des rituels religieux… Un mois plus tard, je ne m’en remets toujours pas ! Nous étions seuls dans un endroit incroyable, on se sentait comme des petits explorateurs ! L’endroit est tellement intact que contre notre gré, nous avons dû marcher sur des os ou poteries ayant des milliers d’années car c’était le seul moyen de continuer à explorer le site. En grattant un peu la terre, on a commencé à trouver pleins de fragments de poterie . Grâce à eux, petit à petit, on pouvait comprendre la forme que l’objet avait ! Et bien évidemment, nous avons trouvé les momies et avons pu les voir de très près (en soi, on peut les toucher, mais ce n’est pas forcément une bonne idée si on veut préserver le site). Entre la randonnée incroyable dans la jungle, le site archéologique, l’excitation d’être seul dans un endroit incroyable… Sans aucun doute, cette expérience fait partie de mes plus beaux moments ! 

Et puis il y a eu aussi les quelques jours à l’isla del sol, mes « vacances de voyage » à San Andrés (Colombie), vivre les grèves historiques en Équateur en temps réel, la randonné complètement ratée au valle del Cocora (Colombie), le coucher de soleil sur le désert de sel à Uyuni (Bolivie), les deux semaines à Lima chez un ami péruvien, le travail dans la ferme de cacao en Equateur, la fois où nous sommes entrés illégalement au parc Tayrona et nous y sommes resté 5 jours en faisant du camping sauvage sur la plage, observer les étoiles dans le nord-ouest argentin, les nombreux matés et asados aux 4 coins du continent,… Bref la liste est encore longue et riche en anecdotes ! 

Heureusement que j’ai voyagé avec 17 personnes parce qu’avec tout ce vécu commun, il m’arrive d’oublier certains moments incroyables. Heureusement, ils sont toujours là pour me rafraîchir la mémoire !

L’Amérique du sud en 3 mots ?

Sans hésiter je dirais la spontanéité et la générosité des sud-américains !  Pour leur côté convivial, leur manière de vivre au jour le jour et de profiter de l’instant présent ! 

Par exemple une fois au Pérou, le dernier bus de la journée que je devais prendre à 20h ne pouvait pas passer car il y avait eu un éboulement sur la route. Les employés devaient fermer le terminal (pour raison de sécurité) et ont demandé à tous les clients s’ils préféraient passer la nuit ici ou revenir le lendemain à 7h. Au final, nous étions une quinzaine à rester sur place. Et tandis que je m’étais installé dans un coin du terminal de bus avec mon sac de couchage pour passer la nuit, les autres personnes, qui ne se connaissent pas entre elles, ont sorti la bouteille de Pisco (alcool national péruvien), et ont mis de la musique (cumbia) pour faire la fête toute la nuit !! Chose juste inimaginable en France ! Ou encore la fois où j’ai fait Lima-Buenos Aires en bus (3 jours de voyage) et tous les passagers ont fêté l’anniversaire d’une dame : musique, danse, Pisco et même biscuit, tout le monde a mis du cœur à essayer de lui faire vivre son meilleur anniversaire, malgré les circonstances, et au final nous avons tous passé une super journée !!

Et puis, j’ajouterais la diversité culturelle, pour la richesse des peuples indigènes en Amérique latine dont l’histoire me passionne. Des peuples indigènes d’Amazonie aux descendants d’esclaves africains, de l’impressionnante communauté asiatique de Lima en passant par les peuples andins ou encore les Argentins tous fils ou petit-fils d’immigrés européens, l’Amérique du Sud est riche de son passé, de son histoire et de la mixité culturelle qui y existe. Et ça, c’est juste incroyable ! 

Viva América latina !!! 

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