sixième extinction de masse écologie
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La sixième extinction de masse pour les nuls

Selon une ribambelle d’experts, le monde a aujourd’hui entamé sa sixième extinction de masse.

Si on sent bien que ce n’est pas une bonne nouvelle qui se cache derrière ces mots, il n’est pas évident de vraiment comprendre le sens de cette phrase.

On va donc décrypter sa signification, étape par étape.

Une extinction de masse, c’est quoi ?

Notre bon ami Wikipedia vient à notre rescousse pour expliquer ce qu’est une extinction de masse.

Une extinction massive ou grande extinction, appelée aussi crise biologique, est un événement relativement bref à l’échelle des temps géologiques au cours duquel au moins 75 % des espèces animales et végétales présentes sur la Terre et dans les océans disparaissent.

Donc si aujourd’hui, on est entré dans une nouvelle extinction de masse, c’est qu’on a détruit (ou on va détruire) au moins 75% des animaux et des plantes. Les chiffres nous le confirment-ils ?

Combien de biodiversité a-t-on perdu en quelques décennies ?

Tous les scientifiques et ONGs vous le diront : il est extrêmement difficile d’estimer combien d’espèces on a perdu, pour la bonne raison qu’on ne connaît pas entièrement la biodiversité terrestre. On ne sait pas ce qui se cache dans les profondeurs marines des grands océans, ou dans la végétation luxuriante de nos plus grandes forêts. On ne peut donc qu’émettre des hypothèses.

Hypothèses qui se rapprochent quand même fortement de la réalité.

Selon les experts, actuellement, le taux d’extinction est jusqu’à 1000 fois plus élevé que le taux « normal » d’extinction. Selon le WWF, 60% des animaux sauvages ont disparu en seulement 40 ans. Près de la moitié des amphibiens sont menacés d’extinction, et la moitié des populations d’insectes sont en déclin. 50% des récifs coralliens (qui sont les équivalents marins des forêts tropicales) ont disparu en 30 ans. Chaque année, il est estimé que jusqu’à 100.000 espèces s’éteignent.

Pour vous donner une idée de l’amplitude, si on remplace les 60% d’animaux sauvages disparus par 60% d’humains, les populations de toute l’Amérique (nord et sud), l’Afrique, l’Europe, la Chine et l’Océanie seraient effacées de la surface de la Terre.

A ce train là, il ne nous faudra pas très longtemps pour atteindre la barre des 75% d’espèces disparues. Quelques centaines d’années, et encore. C’est pourquoi les scientifiques considèrent que le processus d’extinction de masse a commencé, mais est encore loin d’être terminé (Dieu merci).

Notez que comme nous sommes encore en-dessous de cette limite, certains scientifiques contestent l’emploi de l’expression « extinction de masse » pour qualifier ce qui se passe aujourd’hui. Toutefois, ils sont de moins en moins nombreux.

Quelle sont les causes de cette extinction de masse ?

Sans grande surprise, c’est évidemment l’homme moderne qui est à l’origine de l’effondrement de la biodiversité.

Bien sûr, les hommes ne détruisent pas sans raison (à part quand ils ont un père nommé Donald Trump). Les causes principales sont la destruction des habitats naturels afin d’obtenir des terres cultivables, l’exploitation des ressources, ainsi que la chasse et la (sur)pêche pour se nourrir. La pollution est également l’une des raisons de la disparition de la biodiversité, à cause des produits chimiques déversés dans les océans et sur la terre.

C’est la première fois qu’une extinction de masse est due à une seule et même espèce : l’homme.

(Mais l’homme « civilisé ». Les quelques tribus qui subsistent encore sur leur lopin de terre ont bien peu à voir avec ceci)

Quid des extinctions de masse précédentes ?

Si nous sommes actuellement dans la sixième extinction de masse, cela signifie que 5 fois déjà, les espèces se sont éteintes.

Si comme moi, vous n’êtes pas très doué pour retenir les dates, on va y aller étape par étape.

La Terre existe depuis 4,5 milliards d’années.

Les extinctions de masse sont survenues au cours des 500 dernières millions d’années. Pas avant, puisque la Terre ne possédait pas encore d’espèces animales. En effet, il a fallu énormément de temps entre la formation de la Terre et l’apparition de la vie. Ce fut un processus très long et très progressif.

Donc les phénomènes naturels antérieurs à l’apparition des premières espèces n’avait pas de gros effets sur la biodiversité : cette dernière était encore assez peu fournie. Pour vous donner une idée, le premier poisson est apparu environ il y a 530 millions d’années.

Je sais que c’est difficile de se projeter il y a si longtemps, mais on va essayer de comprendre un peu la chronologie des phénomènes.

  • La 1ère, extinction de l’Ordovicien, date d’il y a 445 millions d’années, et fut causée par une période glaciaire.
  • La 2ème, extinction du Dénovien, eut lieu il y a 360 millions d’années, à cause d’un épuisement de l’oxygène dans les océans.
  • La 3ème, l’extinction du Permien, surgit il y a 252 millions d’années, à cause d’activités volcaniques et d’astéroïdes.
  • On ne connaît pas la cause de la 4ème, l’extinction du Trias, il y a 200 millions d’années.
  • Vous connaissez sûrement la 5ème, à l’origine de la disparition des dinosaures. L’extinction du Crétacé a eu lieu il y a 66 millions d’années, et fut probablement causée par un astéroïde.

Notez qu’une extinction est généralement un phénomène lent s’étendant sur plusieurs siècles. Sauf évidemment dans le cas d’un événement bref comme la chute d’un astéroïde.

L’apparition des australopithèques, les ancêtres de l’homme, date d’il y a 4 millions d’années. L’homo sapiens, lui, apparut il y a 200 000 ans. Cela signifie que depuis que l’homme est apparu, il n’y a pas eu d’extinction.

Les conséquences de l’extinction de masse actuelle

Bon, c’est si grave, d’être en train d’anéantir la quasi totalité de la vie sur Terre ?

Plutôt, oui.

Bien sûr, l’homme est impacté, parce qu’il dépend grandement de son environnement. Il a besoin de se nourrir de plantes et (éventuellement) d’animaux. Il a besoin de bois et d’insectes qui pollinisent les fleurs. Il est dépendant des ressources pour produire son énergie.

La disparition de la biodiversité aura des conséquences pour la vie/survie de l’homme, puisque l’éco-système dans lequel il vit est en passe d’être complètement chamboulé. Contrairement à ce que l’homme moderne veut croire, la nature ne lui appartient pas, il appartient à la nature.

La fin d’une évolution

Il existe une autre conséquence de cette extinction, ayant moins d’impact direct sur l’Homme, mais peut-être bien plus triste. En tout cas, spirituellement triste.

Voyez-vous, le monde ne s’est pas construit en un jour. Ni même en 6, n’en déplaise aux chrétiens. La vie sur Terre est le résultat de milliards d’années d’évolution. D’abord depuis le fin fond des océans, puis lentement, hors de l’eau, sur le sol. La merveilleuse diversité de notre globe, avec ses fleurs multicolores, ses animaux tropicaux et polaires, ainsi que ses oiseaux majestueux, provient d’un long travail de maître. D’une intelligence cosmique, même, qui semble avoir un but, sans que l’on puisse comprendre lequel.

Les couleurs et les formes de la vie sur Terre sont le fruit d’une évolution incroyablement lente, mais aussi incroyablement belle. Les peintres les plus doués et inventifs auraient bien de la peine à reproduire sur leur toile la diversité que l’on retrouve sur la Terre.

Vous êtes vous déjà arrêté pour contempler la beauté d’une fleur ? Les couleurs du pelage d’un chat ? Et même pour regarder votre corps, qui vous permet de faire tant de choses, d’aimer, de penser, de rire, de pleurer ? Et de réfléchir au fait que que vos ancêtres étaient …des singes ?

Tout ceci est le résultat d’un processus appelé évolution.

Dieu, ou l’univers, ou l’intelligence universelle (appelez ça comme vous voulez), est un créateur. Artiste, qui plus est. Rien n’est laissé au hasard. La beauté et la praticité se mélangent, pour donner forme à des êtres vivants toujours plus extraordinaires, toujours plus complexes.

Et quand une espèce s’éteint, ce n’est pas juste elle qui disparaît. C’est tous ses ancêtres qui ont évolué avant elle. Mettre fin à une espèce, c’est mettre fin à un processus de création. Un processus… Qui n’était pas terminé. Qui allait continuer à se sculpter, se forger, s’améliorer. Et qui est donc avorté.

En faisant disparaître la vie non-humaine sur Terre, l’humain met littéralement fin à un processus de création absolument extraordinaire. Et empêche des milliards d’espèces de continuer un développement qui n’avait rien à voir avec lui, qui était beaucoup plus grand et important que lui.

Si vous avez envie d’aller plus loin sur le sujet, je vous recommande le magnifique livre Ishmael de Daniel Quinn qui en parle avec une incroyable pertinence.

Et par ici pour plus d’articles sur la nature et l’écologie.

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