J’arrive encore Ă entendre les backpackeurs des annĂ©es 2000 dire Ă leurs amis :
» DĂ©pĂȘchez-vous d’aller Ă Tulum ! Dans 15 ans, ce ne sera plus pareil! »
Ils avaient raison. La tranquille bourgade de Tulum, situĂ©e entre ruines mayas et plages caribĂ©ennes, ne pouvait rester secrĂšte bien longtemps. On sent qu’au fil des annĂ©es, les hĂŽtels et restaurants d’expats ont changĂ© son visage, pour la rendre mieux amĂ©nagĂ©e et confortable. Mais aussi, quelque part, moins authentique.

N’ayez crainte : passer par Tulum vaut encore le coup. En tout cas, selon moi. Cependant, on peut se demander Ă quoi elle ressemblera dans 10 ans.
C’est d’ailleurs lĂ tout le paradoxe du tourisme de masse. Si Tulum Ă©tait restĂ©e secrĂšte, je n’aurais probablement jamais eu la chance d’y mettre les pieds. Cependant, si le tourisme ne l’avait pas atteint, elle serait aussi restĂ©e telle quelle, ses plages n’auraient pas Ă©tĂ© envahies par des immenses resorts. Il faut choisir : le tourisme, c’est pour tout le monde, ou pour personne. Aujourd’hui plus que jamais.
Ok, reprenons depuis le dĂ©but. Je vais tĂącher de vous prĂ©senter et de vous expliquer Tulum, ses bons cĂŽtĂ©s, ses aspects moins reluisants, et ses spots immanquables. Ci-dessous, je vous ai prĂ©parĂ© une petite liste de choses indispensables Ă connaĂźtre sur cet endroit. AccompagnĂ© d’une carte faite main, pour vous aider Ă y voir plus clair.

1- Tulum est divisée en deux zones
Deux salles, deux ambiances.
La premiĂšre, c’est la petite ville de Tulum, en bleue sur la carte. Si elle a Ă©tĂ© un peu transformĂ©e par le tourisme, et que hĂŽtels boutiques et restos vĂ©gĂ©tariens ont poussĂ© ci et lĂ , elle conserve quand mĂȘme un esprit bohĂšme et authentique. C’est le rendez-vous des hippies du coin, des backpackeurs et des Ă©tudiants voyageurs. A vĂ©lo (je me suis dĂ©placĂ©e quasiment tout le temps Ă vĂ©lo, comme je vous l’expliquerai plus tard), on rejoint la plage en moins de 30 minutes, et les ruines en approximativement 20 minutes. Et les ruines et la plage, ce sont les deux raisons majeures de venir Ă Tulum. Avec les cenotes, probablement. Mais encore une fois, je vais trop vite. Revenons Ă Tulum.
L’autre partie de Tulum, c’est la zona hotelera, en jaune. Elle correspond Ă la zone longeant la plage. La route qui la traverse est bordĂ©e d’un cĂŽtĂ© par la plage et les immenses hĂŽtels, et de l’autre par des restaurants ou des boutiques qui tirent sĂ©rieusement vers le luxe. Ici, vous trouverez un tourisme plus riche et plus exclusif.
Pour rĂ©sumer, l’ensemble de Tulum est bobo, mais la zone de la ville est davantage bohĂšme, tandis que la zone hĂŽteliĂšre tire plus vers le bourgeois.
Le reproche que je dois faire Ă Tulum : avoir fermĂ© Ă ce point sa longue plage. En ayant autorisĂ© tant d’hĂŽtels Ă privatiser leur bout de sable, les simples mortels n’ayant pas le budget pour des beach resorts galĂšrent Ă trouver un bout de sable qui ne soit pas privĂ© ou payant. C’est Ă se demander ce que le gouvernement avait dans la tĂȘte, en autorisant la privatisation de kilomĂštres de sable blanc. D’une part, c’est dramatique pour l’Ă©cosystĂšme : j’ai littĂ©ralement vu des tortues naĂźtre sur la plage, entre travaux de construction et beach bar. D’autre part, c’est peu agrĂ©able pour les touristes, de devoir se baigner sur une bande de sable entourĂ©e par des hĂŽtels.
Ăa, c’est ma petite dĂ©ception. Surtout pour une ville qui se prĂ©tend bohĂšme et ouverte… Heureusement, je vais vous donner plus loin les bons plans pour profiter (gratuitement) de plages cools de Tulum.
2- OĂč dormir Ă Tulum ?
Compte tenu des diffĂ©rences gĂ©ographiques de Tulum, oĂč dormir ? Sachez que si vous disposez d’un budget qui vous le permet, dormir sur un hĂŽtel sur la plage sera lĂ©gĂšrement plus pratique. Vous maximiserez vos baignades, et vous assisterez Ă des levers de soleil incroyables. Et puis, plus haut, j’ai un peu forcĂ© le trait : mĂȘme si les hĂŽtels de la zona hotelera sont plus chers que ceux de la ville, vous trouverez malgrĂ© tout quelques bonnes affaires convenant aux petits budgets.
Cependant, l’ambiance de la ville est aussi trĂšs agrĂ©able. Si vous voyagez seul, et que vous optez pour la ville, j’ai passĂ© un sĂ©jour plus que parfait au Lum Hostel (1 sur la carte). En plus d’ĂȘtre Ă©conomique et propre, il est rempli de gens super cools. Je me suis rarement fait aussi facilement des amis que dans cet hostel. Pour finir de vous convaincre : tous les jours, les volontaires de l’hostel vous emmĂšnent (gratuitement) visiter un spot du coin, comme un cenote, des ruines ou des plages. ET l’auberge vous prĂȘte gratuitement des bicyclettes.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai visitĂ© la rĂ©gion en pĂ©dalant. Et je ne le regrette pas, loin de lĂ . Tulum se prĂȘte particuliĂšrement au vĂ©lo : le terrain est plat, il y a peu de vols (on vous prĂȘte aussi un cadenas, Ă©videmment), et les visites intĂ©ressantes se situent prĂšs les unes des autres.
Si vous aussi, vous optez pour le vélo, vous ne serez pas les seuls : les touristes logeant en ville privilégient les bicyclettes pour se déplacer.
A ne pas nĂ©gliger : les restos et les boutiques de la ville sont plus Ă©conomiques que ceux de la plage. Si vous ĂȘtes fans du style boho-chic, rendez-vous en ville pour faire des achats d’attrape-cĆurs, de t-shirts ou de jolis bijoux. Et pour des produits de beautĂ© naturels, la boutique bio La madre Tierra est une vraie caverne d’Ali Baba.
3- OĂč manger Ă Tulum ?
Quelques bonnes adresses pour manger en ville : Burrito Amor ( 4 sur la carte), Hoja verde (3, végétarien), et tout prÚs du Lum hostel : Co.ConAmor (végétarien)
Sur la plage, j’ai juste testĂ© Raw Love, Ă©galement vĂ©gĂ©tarien. Je ne suis pas vĂ©gĂ©tarienne mais les copines que je me suis faites sur place, si. Ceci dit, ça n’est pas plus mal, puisque je rĂ©duis ma consommation de viande et en mange finalement trĂšs peu.
Ceci ne signifie pas qu’il n’y ait pas de restaurants carnivores Ă Tulum, Ă©videmment.
4- Comment prendre les meilleures photos Ă Tulum ?
Autre chose importante : Tulum, c’est le repaire des influenceuses Instagram. Il y en a partout.
HonnĂȘtement, on ne peut pas dire que ce soit surprenant. Si vous voulez prendre des jolies photos, Tulum, c’est franchement the place to be. Les hĂŽtels de la plage sont tous plus impressionnants les uns que les autres, dans un style zen en bois avec des tas de hamacs beige tombant du plafond. Ci-dessous, quelques photos de moi prises Ă Tulum (sauf la premiĂšre, Ă Cancun), oĂč je me prends clairement pour une star du Gram :
La beautĂ©, Ă Tulum, est Ă chaque coin de rue. Il suffit d’avoir un portable bien chargĂ© pour prendre des clichĂ©s incroyables.
Petit tip, si vous dormez du cĂŽtĂ© de la ville : essayez de vous rĂ©veiller tĂŽt, avant le lever du soleil (Google vous aidera pour savoir Ă quelle heure il se lĂšve) et de vous rendre sur la plage pour assister au spectacle quotidien. Sachant que les plages de Tulum donnent sur l’est, les couchers de soleil n’y sont pas particuliĂšrement impressionnants. Non, ce sont les levers de soleil qui Ă©merveillent de couleurs et de beautĂ©. A vĂ©lo, vous en aurez pour moins de 30 minutes. Allez, ça vaut le coup, au moins une fois.


5- Les plages de Tulum
Je vous ai dĂ©jĂ parlĂ© des plages de Tulum, qui sont en grande partie privatisĂ©es. Ceci dit, armĂ© de votre bicicleta, si vous ne dormez pas sur la plage, vous pourrez quand mĂȘme dĂ©goter des bons spots.
Le premier : playa de pescadores (10 sur la carte). La plus prĂšs des ruines mayas (situĂ©e ici), et franchement l’une des plus belles. L’avantage : la zone est protĂ©gĂ©e, ce qui fait qu’on y trouve aucun hĂŽtel. Ouf, on respire un peu. Surtout qu’elle m’a l’air assez peu frĂ©quentĂ©e, pour ce que j’en ai vu. Cela dit, je n’y suis allĂ©e que le matin (deux fois). A vĂ©lo, on la rejoint en moins de 10 minutes depuis les ruines de Tulum.
Cerise sur le gĂąteau : on aperçoit ces mĂȘmes ruines pendant la baignade. L’un des meilleurs plans pour venir commencer la journĂ©e, ou bien se relaxer aprĂšs la visite obligĂ©e des temples mayas. Par contre, il y a peu d’ombre, donc prĂ©voyez un chapeau (ou mieux, un parasol).

Le deuxiĂšme spot pour se baigner tranquille : vers la zone hĂŽteliĂšre, plus au sud, vous pouvez entrer sur la plage au niveau de Raw Love (8 sur la carte). Ici, vous verrez une incroyable statue de l’artiste Popper entre la route et la plage, que vous pouvez apercevoir ci-dessous.
J’ai malheureusement loupĂ© la seconde statue du mĂȘme artiste, situĂ©e sur la plage Ă peine plus haut, Ă l’entrĂ©e du pavillon du festival Artwithme (9 sur la carte), et qui ressemble à ça :
Notez qu’une fois que vous ĂȘtes sur la plage, vous pouvez vous promener comme bon vous semble, mĂȘme sur les parties appartenant aux hĂŽtels.
Par ailleurs, je ne sais pas si c’est commun, mais c’est ici que j’ai aperçu des tortues Ă peine nĂ©es se lancer dans l’eau :
5- Quelles sont les meilleures choses Ă faire Ă Tulum ?
Il y a une multitude de choses à faire dans les environs de Tulum. La plupart sont des ruines mayas (il en existe différents types, mais ici, je vous parlerai des plus connues, et sûrement des plus belles de la région), des cenotes, des lagons, et des plages. Donc vous ne risquez pas de vous ennuyer.
Je vous présente ici mon top 3 de sites à ne louper sous aucun prétexte :
- Les ruines de Tulum
Situées à environ 20 minutes de Tulum à vélo, ces ruines sont à couper le souffle. Littéralement. En plus de leur admirable conservation, elles surplombent fiÚrement la mer des Caraïbes, donnant lieu à des vues extraordinaires.
Par contre, Ă ma grande surprise, elles sont assez petites. C’est-Ă -dire qu’en une ou deux heures, vous en aurez largement fait le tour. PrĂ©voir donc autre chose pour l’aprĂšs-midi. Oui, parce qu’il est essentiel que vous veniez le matin. Les ruines ouvrent Ă 8 heures, et je vous recommande vraiment d’y aller le plus tĂŽt possible. A partir de 10 heures, les cars arrivent et dĂ©versent des touristes de partout. Voir ces ruines majestueuses au petit matin, avec encore peu de personnes sur les lieux, est un vĂ©ritable rĂȘve Ă©veillĂ©. Si ça n’est pas possible pour vous, venez plutĂŽt Ă partir de 16h, quand l’heure de pointe s’achĂšve.




Il y a un escalier, juste sous l’un des temples, qui permet de descendre vers une petite crique. Il est parfois fermĂ©, surtout les jours de grand vent. Quand j’y Ă©tais, il y avait pas mal de vagues, mais j’ai quand mĂȘme pu descendre sur le banc de sable.
Ici, bonheur absolu devant l’eau turquoise Ă©maillĂ©e d’Ă©cume blanche. Le vent caressait ma peau, comme pour me susurrer des mots doux en langues mayas. Quand soudain, effarement. Je me suis aperçue que chaque nouvelle vague apportait avec elle un objet en plastique : une bouteille en plastique, un bouchon, une tong… Qu’en auraient pensĂ© les Mayas, eux qui Ă©taient si connectĂ©s Ă la nature ? C’est le seul endroit de la riviĂšre maya oĂč j’ai vu autant de plastique. Le reste de Tulum et les plages de Holbox Ă©taient (relativement) plastic-free. Non, le seul endroit avec une telle concentration de dĂ©tritus, je l’ai aperçu juste en-dessous des ruines.
Une vengeance des Dieux, peut-ĂȘtre.
Ou tout simplement causĂ© par des courants capricieux ce jour-lĂ . Ca n’en reste pas moins triste.
- Gran Cenote
En arrivant Ă Tulum, il m’a semblĂ© que tout le monde n’avait que ce mot Ă la bouche : cenote.
Il s’agit d’un espĂšce de lac (d’eau douce, donc), sous l’eau, ou bien entourĂ© de rochers.
J’ai visitĂ© mon premier cenote lors d’une activitĂ© organisĂ©e par mon hostel, le cenote Azul.
Pour se rendre aux cenotes, il suffit souvent de prendre un bus local qui vous dépose à cÎté.
Alors voilĂ , j’ai une petite confession Ă vous faire : mĂȘme si j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© les cenotes, parce qu’on peut nager dans une eau fraĂźche et transparente, ce n’est pas ce que je prĂ©fĂšre. En fait, ce qui me manque, c’est de pouvoir m’allonger des heures durant sur du sable. Un cenote est gĂ©nĂ©ralement entourĂ© de rochers, ce qui n’est pas le plus confortable pour y flĂąner.


NĂ©anmoins, il y a quand mĂȘme un cenote incontournable : il s’agit du Gran Cenote. Depuis la ville, on le rejoint en 20-30 minutes Ă vĂ©lo. Il ouvre Ă 8h, et il est essentiel que vous arriviez Ă l’ouverture. En effet, il s’agit du cenote le plus touristique de Tulum, et les foules l’envahissent de 10h Ă 16h tous les jours.
Petite parenthĂšse. Vous l’avez probablement compris : pendant mon sĂ©jour, j’ai bien peu fait de grasse matinĂ©e. Ce qui m’a aidĂ© Ă tenir : mes siestes du milieu de la journĂ©e. Je pense que c’est un rythme intĂ©ressant Ă adopter : se lever tĂŽt, pour profiter des magnifiques couleurs du matin en toute tranquillitĂ©. Puis faire une sieste en dĂ©but d’aprĂšs-midi, aux heures les plus chaudes de la journĂ©e. Continuer les visites quand la chaleur s’est calmĂ©e, et que les touristes fatiguĂ©s rentrent Ă l’hĂŽtel. En tout cas, pour moi, ça a merveilleusement bien marchĂ©. Evidemment, il faut aimer faire la sieste. Mais qui n’aime pas ça ?!
Back to Gran Cenote. Ici, vous pourrez nager avec des tortues dans une eau cristalline, et dĂ©couvrir des grottes abritant des chauves-souris endormies (location peu chĂšre de masque et tuba sur place). Ce cenote est un lieu unique au monde, empreint d’une Ă©nergie spĂ©ciale. Notez qu’il est interdit de se mettre de la crĂšme solaire ou de l’anti-moustiques, afin de prĂ©server l’Ă©cosystĂšme.


Si vous ne devez aller qu’Ă un seul cenote du coin, ce serait celui-ci, le Gran Cenote.
- La laguna Kaan Luum
J’ai dĂ©libĂ©rĂ©ment gardĂ© le meilleur pour la fin. Je dirais mĂȘme, j’ai hĂ©sitĂ© jusqu’au dernier moment de parler de la lagune Kaan Luum. Parce qu’il s’agit d’un endroit si beau et si pur qu’une frĂ©quentation massive lui serait fatale.
Mon premier jour Ă Tulum, je suis arrivĂ©e en fin d’aprĂšs-midi. Ni une ni deux, j’ai sautĂ© sur ma bicyclette pour goĂ»ter aux effluves caribĂ©ennes de la plage. Mais je me suis vite retrouvĂ©e frustrĂ©e, parce que je n’arrivais pas Ă trouver de passages ouverts de la route vers la plage. J’ai terminĂ© sur un petit bout de sable Ă un mĂštre des voitures oĂč la mer sentait le poisson pourri. Comme entrĂ©e en matiĂšre, il y a mieux.
C’est lĂ qu’un mexicain qui promenait son chien est venu me parler. Peut-ĂȘtre avait-il senti ma frustration ? Toujours est-il qu’il ma demandĂ© combien de temps je restais, puis il m’a dit que je devais absolument passer par la laguna Kaan Luum.
N’ayant jamais entendu parler de cet endroit, malgrĂ© les nombreux posts de blog Ă©pluchĂ©s avant le voyage, j’ai notĂ© le nom dans les notes de mon portable. Ma curiositĂ© Ă©tait attisĂ©e, et quelque chose me disait que je ferais bien de suivre le conseil de cet inconnu. Une fois Ă l’hĂŽtel, j’ai regardĂ© des photos sur Google, qui ont achevĂ© de me convaincre.
Le lendemain, j’ai rencontrĂ© une canadienne Ă l’auberge, qui a acceptĂ© de me suivre Ă la lagune les yeux fermĂ©s, malgrĂ© le fait qu’elle venait de me rencontrer et qu’elle n’avait jamais entendu parler de cet endroit.
Sur Internet, j’avais lu que pour se rendre au lagon, on devait prendre un bus depuis le terminal ADO, le principal de la ville (et celui par lequel on arrive en bus depuis Cancun). Mais une fois au comptoir pour acheter les billets, personne ne semblait connaĂźtre cet endroit. On nous a vendu des tickets de bus vers un village proche, Pino Juarez, et on m’a dit de demander au chauffeur de s’arrĂȘter au niveau du lagon pour nous laisser descendre.
J’ai donc expliquĂ© au chauffeur, en montant dans le bus, que je voulais m’arrĂȘter Ă la laguna Kaan Luum. Il m’a regardĂ© avec des yeux surpris, parce qu’il n’en avait jamais entendu parler. Il m’a dit de le prĂ©venir quand on voulait descendre.
Nous voilà embarqués dans le bus, moi les yeux fixés sur Google maps (la laguna se situe ici, et numéro 7 sur la carte), mon amie de moins en moins sûre de sa décision de suivre une parfaite inconnue vers un lieu apparemment bien mystérieux.
AprĂšs environ 10 minutes de route, le chauffeur nous dĂ©pose. Je ne me rappelle mĂȘme pas avoir vu un panneau, juste une route caillouteuse qui s’enfonçait dans la forĂȘt. Gloups. On s’y est engagĂ© en priant pour ĂȘtre sur la bonne route. AllĂ©luia, 10 minutes de marche plus tard, on arrive enfin Ă un stand pour payer l’entrĂ©e au lagon (environ 5âŹ, si mes souvenirs sont bons).

Et ici, extase absolue : on se trouve devant une immense lagune turquoise entourĂ©e de vĂ©gĂ©tation. Il y avait des touristes, mais pas tant que ça, et essentiellement mexicains. Alors qu’on Ă©tait en plein aprĂšs-midi, soit le moment de la journĂ©e oĂč tous les lieux d’intĂ©rĂȘt sont pleins Ă craquer.



Les photos du lagon parlent d’elles-mĂȘmes. Hamacs et balançoires permettent de se dĂ©tendre (et de prendre de fabuleuses photos). Le sol d’argile blanche de la lagune peut s’utiliser comme un masque de beautĂ© pour la peau et le visage.

L’atmosphĂšre qui rĂšgne dans cette lagune est indescriptible. On se sent comme dans un cocon, loin de la foule qui semble nous suivre presque partout sur cette cĂŽte caribĂ©enne. Comme si on partageait un secret unique, cet incroyable lagon cristallin, qui nous apaise et nous enchante.




Pour revenir vers Tulum, on peut attendre un bus sur la route, ou bien prendre l’un des taxis qui attendent prĂšs du parking du lagon.
6- Le cÎté spirituel et yogique de Tulum
Ca y est, vous savez presque tout sur Tulum.
J’ai juste gardĂ© un Ă©lĂ©ment pour la fin. Tulum est un endroit particuliĂšrement propice au yoga, et au bien-ĂȘtre en gĂ©nĂ©ral. Sur la plage, des studios de yoga (aux prix europĂ©ens) donnent sur la mer, tandis que des cours bien plus abordables ont lieu dans la ville (aux prix mexicains).
Le premier matin, quand je me suis rĂ©veillĂ©e Ă l’auberge, j’ai vu un mec blond sortir du dortoir pied-nu et en maillot, son tapis de sport sous le bras, pour commencer la journĂ©e avec un bon cours de yoga. Je ne le savais pas encore, mais cette scĂšne, c’Ă©tait so Tulum.
Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’adore le yoga. J’en fais (irrĂ©guliĂšrement) depuis longtemps. Ma mĂšre est prof de yoga, ce qui a jouĂ© un rĂŽle. J’adore Ă©galement tout ce qui est new age, spiritualitĂ© et mĂ©ditation.
A Tulum, le moins que l’on puisse dire, c’est que j’Ă©tais servie. De partout poussent les panneaux et les phrases inspirantes : sur la plage, la route, entre les hĂŽtels. Ce qui est agrĂ©able pour certains, mais sĂ»rement horripilant pour d’autres. J’ai mĂȘme vu un panneau rouge qui, au lieu d’indiquer « STOP », avait Ă©crit « BREATHE ». Vous voyez le genre.
Mais voilĂ , ce cĂŽtĂ© hippie et spirituel, Ă Tulum, vient avec son lot de contradictions. Par exemple, apparemment, pour ĂȘtre vraiment spirituel, il faut avoir beaucoup d’argent. Parce que pour prendre des cours abordables prĂšs de la plage, ou y faire des retraites spirituelles, bon courage.
Par ailleurs, que penser de ces personnes qui viennent Ă la fois chercher plus de likes sur Instagram, tout en essayant de se connecter Ă eux-mĂȘmes Ă travers le yoga et la mĂ©ditation ? Tulum se prĂ©tend Ă©galement super eco-friendly, mais quand on voit les touristes sur place, venant des quatre coins du monde (mais surtout des pays riches), on peut se demander si l’empreinte carbone qui nous a emmenĂ© jusqu’ici est trĂšs green. MĂȘme chose pour les plastiques dans la mer.
Jeter la pierre Ă Tulum ne serait pas trĂšs honnĂȘte de ma part. Moi aussi, je suis venue en avion. Moi aussi, je viens d’un pays riche. Les contradictions de Tulum, ce sont aussi les miennes. Mais j’ai lu rĂ©cemment un article sur l’hypocrisie (involontaire) de l’industrie du bien-ĂȘtre, qui se prĂ©tend verte, alors qu’elle est souvent polluante. Et ça m’a drĂŽlement fait penser Ă Tulum.
Reviendrai-je Ă Tulum ? Une partie de moi l’espĂšre, peut-ĂȘtre dans le cadre d’une retraite de yoga, par exemple. Une autre partie de moi se demande Ă quoi ça rime, d’aller si loin pour se connecter Ă soi-mĂȘme, et de cautionner un endroit qui semble exclure les plus modestes de jour en jour. Je n’ose imaginer ce que ça doit ĂȘtre, pour des locaux qui ont vĂ©cu dans ce petit village de pĂȘcheurs toute leur vie. De voir leur rĂ©gion se transformer au profit d’Ă©trangers.
Encore une fois, que diraient les Mayas, de cette ville de bobos posée prÚs de la mer des Caraïbes ?
Bon, j’ai parlĂ© du cĂŽtĂ© nĂ©gatif de l’ambiance de Tulum. Peut-ĂȘtre pas assez de ses cĂŽtĂ©s positifs. Je pense qu’il s’agit d’un lieu oĂč l’on vient se recueillir. Se recentrer. J’y ai vu beaucoup de personnes voyageant seules, prenant un verre Ă la terrasse d’un cafĂ©, Ă©crivant dans un journal. C’est un endroit propice Ă la rĂ©flexion, Ă la solitude. Mais sans ĂȘtre vraiment seul.
Tulum, c’est un mĂ©lange assez unique, de beautĂ©, de contradictions , de spiritualitĂ©, de connexion, de traditions et de modernitĂ©.

J’y ai passĂ© des journĂ©es incroyables, et j’y ai fait de trĂšs belles rencontres. Je vous souhaite aussi d’y vivre des moments uniques, qui vous Ă©merveillent autant qu’ils vous font rĂ©flĂ©chir.
Pour des conseils générals sur le Quintana Roo, par ici (en contruction).






Magnifique đâ€ïž
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Waouh, merci beaucoup pour les infos sur Tulum, on repart au Mexique fin janvier pour la 3eme fois on aime ce pays, et on voulait faire + en profondeur Tulum, donc merci de nous donner encore + l’envie d’y retourner.
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